Chers amis,
L'album 2011 est désormais en ligne, vous pouvez le visualiser en cliquant sur le dessin ci-dessous
Par un bel après midi de Mars 2010, sachant que les costumés vénitiens ne devraient pas tarder à faire leur apparition annuelle, Polpec rend visite à Alvise, son ami le doge.
En attendant le féerique spectacle, les 2 hommes engagent la conversation.
Dit moi Alvise, pourquoi tant de vénitiens à Remiremont ?
C'est vrai, sourit Alvise, notre région était jadis située sur la route du verre, la route des échanges nord/sud entre les Pays Bas et Venise.
Qui dit route, dit trafic , brassage de population et au fil des ans des bataves comme des vénitiens se sont installés le long de ces chemins. .
Remiremont n’était pas directement sur cette route et il semblerait que la colonie vénitienne
de la région, ai choisi la cité Romarimontaine comme base de rassemblement, par les similitudes architecturales entre les 2 villes, regarde !
Par ailleurs, séjourne à Remiremont un fédérateur de groupe, tu te souviens du guide et sa lanterne?
Je veux bien te croire, rétorque Polpec, mais pourquoi des vénitiens se seraient installés dans notre région ?
Oh tu sais, ceci est dû à des tas de raisons. Ces gens là sont par nature des commerçants, artisans et à chaque fois qu’ils ont trouvé des lieux propices à l’épanouissement de leurs affaires, ils se sont installés. Un exemple, la fabrication du verre.
Tout au long de cette route, à chaque fois que les conditions nécessaires au développement leur savoir faire ont été réunies, ils ont créé ou se sont associés avec un noble du lieu.
La région regorge de bois et de silice et je te cite pour exemple les verreries de la Rochère
ou encore Hennezel dans la forêt de Darney.
Mais on trouve des vénitiens dans notre région pour bien d’autres raisons et parfois la présence de ces derniers et pour le moins originale.
Si tu en as le temps, je pourrais te conter l’origine régionale de notre chère Colombina.
L'heure n'est pas au défilé des costumés et, en guise de réponse, Polpec s’assied en face d’Alvise en ouvrant grand ses ouïes.
Eh bien voilà, cette histoire si elle va te paraître originale, exceptionnelle, n’est pourtant pas rarissime, et je te demande de te mettre dans le contexte de l’époque.
Remonter le temps, je crois que je m’y suis habitué…répond Polpec. Alors, en voyage, je t’écoute !!!
Imagine toi en avril 1622, Venise a retrouvé son calme, le carnaval est
terminé.
Très tôt, dans la brume matinale, une gondole pointe son fer de proue à sa symbolique toute vénitienne, à l'angle du Rio San Lorenzo et s'engage sur le bassin de Saint marc, le long de la riva Schiavoni.
Alors que l'embarcation glisse au pied du palais Ducal, une main se glisse par le rideau de la felze et agite un mouchoir brodé en direction du palais.
Au centre de la façade du prestigieux bâtiment, une ombre quasi invisible, se profile à la loggia et fait un signe discret de la main.
Qui naviguait dans cette gondole?
Qui était présent à la loggia du palais ?
Je le saurai des années plus tard.
Ah oui ? Tu vas me le dire ! S'enquiert Polpec déjà dans l'histoire...
Bien sûr, je vais tout te raconter, mais soit patient mon cher ami, tu es bien de ton époque, toujours pressé .
Alors, jetons un oeil dans cette gondole mystérieuse....
Tandis que le gondolier pousse son embarcation vers le grand canal, un couple est assis sur les coussins de la felze. L'homme est grand, blond aux yeux bleus.
Comme lui, sa jeune femme, a également les yeux d'un bleu intense et une longue chevelure blonde. Sa robe pourpre toute en broderies est sans aucun doute, le signe d'une grande aisance sociale .
Le plus surprenant, est la tristesse du regard de cette femme qui quitte la cité ducale.
Dés la sortie de la ville, le couple change d'embarcation et s'installe à bord du Burchiello. A son bord, ils vont remonter la Brenta jusque Padoue.
Commence alors pour eux, un très long périple terrestre vers les régions du nord, un périple fait de chemins ou de voies navigables à travers plaines, vallées et montagnes.
Des explorateurs ? De nouveaux Marco Polo?
Non, ce sont des marchands flamands, Mr et Mme DE VLAEMINCK
Tu les connais?
Pas spécialement, j'ai appris leur nom plus tard, tout comme j'ai appris qu'ils étaient de
riches commerçants d'étoffe de Bruges.
Chaque année, ils se rendaient à Venise vendre leurs étoffes à la période de la foire et du carnaval. En contrepartie, ils ramenaient dans leur pays, des épices, du fil de soie, ou de la verrerie.
Ils empruntaient la route du verre à travers la Flandre, la Lorraine, la Franche Compté, la Suisse et la plaine italienne jusque Padoue puis la Brenta et Venise.
Que cette femme soit triste n'a rien d'extraordinaire, nous ressentons tous un pincement au cœur lorsque l'on quitte Venise.
C'est vrai, mais Astrid Devlaeminck avait mille raisons d'être triste.
Je vais reprendre mon récit un peu plus avant dans le temps, remontons, remontons si tu le veux bien, jusque février 1622.
Venise va organiser sa foire et son carnaval.
Comme chaque année, les Devlaemincksont arrivés de leur lointaine contrée, chargé de leurs magnifiques
ét
offes. Ils logent à la Ca Rezzonico, mise à leur disposition par leur ami le cardinal Carlo Rezzonico, fils de la célèbre famille de
marchands gênois.
Dans la somptueuse demeure, le couple reçoit, négocie, vend, achète.
Les fêtes et réceptions y sont fréquentes et en ce mois de février, le carnaval bat son plein.
Les cloches du campanile de St Marc viennent de sonner minuit. Les rues sont plongées dans l'obscurité et sur le campo Santa Margherita glisse une silhouette informe se dirigeant vers la Ca Rezzonico.
Le fantôme encapuchonné qui pénètre dans la somptueuse demeure n'est autre qu'Astrid Devlaeminck. Elle traverse la grande salle et rejoint son mari Jurgen Devlaeminck.
Ma chère, vous voilà de retour ? Ce concert vous a t il plu ?
Sublime ! La Fenice était comble. J'y ai croisé le sénateur Mocenigo et son fils Ser Lunardo. Ils devraient prochainement vous rendre visite.
Bien, très bien, quel couple nous sommes, nous avons le commerce dans les veines..
Ainsi va la vie des De Vlaeminck, Madame, rayonnante de beauté démarche la belle société vénitienne pendant que Monsieur, fin négociateur, traite les affaires.
Alors si tout va bien, demande Polpec, pourquoi est elle si triste à son départ?
Alvise poursuit son récit.
Astrid, coule des jours heureux à Venise, sa beauté, sa culture, sa compagnie est très appréciée des grandes familles vénitiennes. Sa notoriété prenant de l'ampleur au fil des années, de courtisane à vocation commerçante, elle suscite de l'intérêt et devient courtisée...
Un soir, alors qu'elle se rend à une réception, elle est abordée par un inconnu et, au
détour d'un rio, une gondole toute noire, sans aucun signe
ostentatoire, s'immobilise le long du quai. Le rideau de la felze s'entrouvre et quelques secondes plus tard, Astrid glisse dans la gondole. L'embarcation disparaît dans la nuit
vénitienne.
Un enlèvement ? Demande Polpec de plus en plus curieux
Alvise sourit.
Ainsi, à intervalles réguliers, notre belle flamande disparaît au croisement d'un canal puis réapparaît toute fringante à la Ca Rezonicco quelques heures plus tard.
Mais comment es tu au courant de tout cela ?
Je l'ai appris beaucoup plus tard, de la bouche de Lorenzo LOREDAN.
Qui est ce?
Tu le sauras bientôt.
Je connais des LOREDAN mais Lorenzo, cela ne me dit rien.
Sois patient !!!
Oui, continue, tu me disais qu'Astrid, si j'ai bien compris, avait des rendez vous, disons suspects..
Alvise ne prête toujours pas attention aux questions de Polpec
Le carnaval et la foire de Venise sont terminés, nous sommes en mai, le printemps est là, il est temps pour le couple De Vlaminck de quitter la ville pour rentrer dans leur pays, le voyage sera long, il faut profiter de la belle saison pour voyager.
La suite tu la connais, le départ en gondole, le signe de la main etc etc..
Les voilà donc sur les chemins et routes du retour.... et ensuite?
Ensuite? Le couple remonte la Brenta jusque Padoue et de cette ville va commencer le voyage terrestre du retour via Veronne, Brescia, Milan etc..
En fait, ils ont pris l'autoroute rétorque Polpec avec le sourire.
L'autoroute actuel leur aurait été d'un grand secours, hélas pour eux, les voies de communications de l'époque rendaient les voyages très longs. Et comble de malheur, leur retour vers les pays du Nord a été semé d'embûches.
Tout d'abord, Jurgen va être frappé par la fièvre, certainement dû à une piqûre de moustique de la lagune.. Jurgen est mal en point, ses jours sont en danger, il
va passer 3 mois alité à Véronne
Au Nord de Milan, dans la région des lacs, des pluies torrentielles provoquant de graves inondations vont bloquer le couple plus d'un mois et c'est seulement fin septembre qu'ils entament la traversée des Alpes.
Problème supplémentaire, Astrid est enceinte, son état ralenti la progression du couple.
Le passage du Grand St Bernard est dangereux, la neige recouvre déjà le sommet, le couple après mille difficultés parvient en Suisse puis entre en France en novembre, par la Franche Compté, alors sous domination Bourguignone.
Les journées sont courtes et maussades, les De Vlaeminck,
accèdent en Lorraine par la ville forte de Fontenoy le Château. Astrid est épuisée, il
faut impérativement faire une pause.
La pause sera courte et 2 jours plus tard, le chariot du couple quitte Fontenoy.
Nous sommes le 19 novembre 1622, la citée baigne dans la grisaille humide.
Martin Sarrazin, le gardien de la tour des lombards, ouvre la lourde porte de la tour, les marchands vont bientôt se presser pour s'acquitter du droit de passage sur les terres du compté de Fontenoy.
A sa grande surprise, il trouve au pied de cette sinistre tour, un paquet à même le sol.
Curieux, il s'empresse de découvrir son contenu et là, sa surprise est encore plus
grande, dans les chiffons dort un bébé.
Martin n'a pas le temps d'emmener sa trouvaille dans la tour qu'une main se pose sur son
épaule, un homme masqué recouvert d'une longue cape noire et d'un tricorne lui tend un document et lui lance ces quelques mots « Remets ce que tu viens de trouver au seigneur du lieu et
remets lui également ce document , va, fais vite et reviens me voir, tu seras récompensé! »
Martin, charge sa femme de porter au château ce drôle de colis et la missive.
A son retour, elle explique à l'inconnu : « j'ai bien remis l'enfant aux gardes du château, le marquis Philipe de Croy et sa femme Diane de Dommartin m'ont reçu et me demande de vous prier de les rencontrer. »
En guise de réponse, l'homme glisse dans la main de Martin 4 grosses pièces d'or. Il a déjà tourné les talons, et se dirige vers le château.
De son entrevue avec les châtelains, nous n'en sauront rien et l'inconnu au tricorne disparaît comme il est arrivé.
Mais ce bébé ? Les De Vlaeminck? Ne me dit pas.... s'exclame Polpec indigné
Rien ne le prouve, mais tout porte à le croire. Les De Vlaeminck ont quitté la place discrètement, on ne les reverra jamais.
Mais pour quelle raison auraient ils abandonné leur bébé ? ce sont des gens aisés, de plus, arrivés en Lorraine, ils avaient fait les trois quarts de leur périple.
Tout à fait, c'est donc que la raison est autre... répond Alvise d'un ton énigmatique et il continue son récit
Tu sais Polpec, les abandons de bébé n'étaient pas rares à cette époque, ce qui est atypique , c'est que c'est orpheline, car il s'agit d'une fille, ait été recueillie par les châtelains.
Et que devient elle?
Son destin fut exceptionnel, Loreta (c'est ainsi qu'elle se nommait) a été élevée avec tout les égards dûs au rang d'une fille de la noblesse. Son éducation a été confiée à l'abbesse de Remiremont , la princesse Catherine de Lorraine.
Elle apprit les écritures, la broderie, les usages en bonne société.
Mais ce qui attirait le plus Loreta, c'était le verre. Ainsi el
le visita les verreries de la région de Fontenoy, en particulier celle de la
Rochère. Cette dernière était tenue par le gentilhomme verrier, Simon de Thiétry. Tombant amoureuse et du lieu et du gentilhomme, Loreta épousera celui ci. Cette verrerie qui produisait
jusqu'alors du verre plat verra son activité se diversifier vers la production de gobelets, vases, coupes, lampes.
Très entreprenante et commerçante, elle décida de se rendre à Venise et plus particulièrement à Murano afin
d'inciter des verriers à
travailler pour
elle.
Avant son départ, sa mère adoptive, Diane de Dommartin, lui remis une superbe bague et lui dit : Venise est une ville peu sûre pour une jeune femme comme toi. Quoiqu'il t'arrive, ne te départi jamais de cette bague, elle pourrait t'être d'un grand secours. Maintenant, va ma fille, va vers ton destin.
Ainsi Loreta se rendit à Venise, ville qui l'attirait tant.
Là bas, elle se sentit comme chez elle, elle y rencontra nombre de personnalités et un soir, alors qu'elle rentrait à l'hôtel particulier où elle logeait, une gondole noire, sans la moindre décoration l'aborda. Un homme aussi noir que la gondole la tira à bord. Avant même que Loreta puisse émettre le moindre cri, une main puissante lui collat à la bouche. L'homme lui glissa ces quelques mots « ne craigniez rien, ne criez pas, vous êtes en sécurité »
Morte de peur, la jeune femme, exécuta les ordres de l'inconnu. La gondole glissait dans la
nuit, les rideaux de la felze étaient fermés. Après un trajet semblant interminable, l'embarcation s'immobilisa. « Suivez moi lui dit l'inconnu et encore une fois, ne craignez
rien »
La gondole était stationnée à l'intérieur d'un bâtiment. Un valet muni d'une torche attendait sur le quai, il emmena Loreta et son garde du corps à travers un dédale de couloirs sombres puis ils stoppèrent devant une petite porte que le garde entrouvrit.
Entrez Madame, on vous attend !
Loreta était terrorisée. Entrez Madame !! insista le garde
Loreta fit deux pas en avant, la porte se referma derrière elle. La pièce était sombre, une fenêtre laissait entrer une pale lueur lunaire.
Du fond de la pièce, parvint un murmure « Approche, approche Loreta »
Tétanisée, la jeune femme obtempère et découvre dans cette lueur bleutée un vieil homme alité qui lui tend la main.
Mais.. qui êtes vous ? Où suis je?
Donne moi la main,Loreta assied toi au bord du lit et écoute....
Par une porte dérobée tu es entrée au palais ducal et le vieil homme en fin de vie que tu as devant toi n'est autre que le doge Leornardo Loredan ! Il y a bien longtemps, un matin d'avril, je lançais un signe d'adieu de la fenêtre de cette chambre à une gondole. Plus celle ci disparaissait vers le nord, plus l'amour de ma vie s'éloignait de moi. A son bord, une magnifique femme des Flandres était enceinte, c'était ta mère, et ton concepteur n'est autre que moi.
Loreta est sans voix, une grosse larme coule le long de sa joue.
Mais comment savez vous que je suis votre fille ?
J'ai fait suivre le convoi de ta mère jusqu'à ce qu'elle te mette au monde par mon frère Lorenzo. Le mari d'Ingrid, ta mère, s'étant rendu compte que cet enfant n'était pas de lui, lui a fait abandonner son enfant à sa naissance. Il ne pouvait rentrer en Flandres avec un bâtard.
Lorenzo a pris le relais, il avait ordre, en cas d'abandon des parents, de te remettre au seigneur du lieu avec une lettre que je lui avais confié. Par cette lettre, je te mettais entre de bonnes mains et assurait par une confortable rente annuelle ton éducation.
Mais comment m'avez vous retrouvé ?
La bague, Loreta, la bague !!!
Prend ma main, regarde !
Oh, nous avons les mêmes bagues !
Oui Loreta, le sceau des Loredan ! Et ta bague était jointe à la lettre remise à Diane de Dommartin.
Lors de ton séjour à Venise, dans cette ville où tout se sait, tu as vite été repérée par cette bague. On m'a rapporté la présence d'une jeune femme portant la marque des Loredan. J'ai immédiatement fait le rapprochement et j'ai prié ma police secrète de te faire amener au palais. Né d'une relation adultère, je ne peut t'officialiser mais tu auras tout mon soutien .
Polpec reprend la parole : Voilà donc le dénouement, je comprends désormais la présence mystérieuse de l'homme masqué qui suivait le couple De Vlaeminck, le choix du prénom du bébé, l'attirance pour le verre, Venise. Et ensuite? Elle va s'installer à Venise près de son père le doge ?
Non, malgré son origine, Loreta a désormais ses liens en France. Elle va bénéficier du soutien du doge qui lui fait rencontrer Angelo BAROVIER un maître verrier de Murano. Celui ci lui délivrera quelques précieux secrets de fabrication qu'elle ramènera dans sa verrerie de la Rochère.
Mais que va t elle devenir? Et quel est le lien avec la Colombina d'aujourd'hui?
Alvise fait la sourde oreille, il se dirige vers une fenêtre du palais abbatial, puis se retourne vers Polpec « Approche, regarde, tes amis sont de nouveau dans la
rue, ils envahissent pour le plaisir de tous, les rues romarimotaines. Regardons ensembles, je te terminerai l'histoire à la fin du spectacle qui s'offre à nous !
Ainsi pendant plus de deux heures, les costumés, plus beaux les uns que les autres, défilent, envahissent, dansent sous les fenêtres du palais. La magie opère, les spectateurs applaudissent, les photographes mitraillent de pixels souvenirs les princesses, marquis ou autres Casanovas. Toute la ville plonge dans la douceur vénitienne.
Magnifique s'exclame Polpec, ils sont encore plus nombreux et plus beaux que les années passées. Il paraît qu'ils ont donné un bal de toute beauté, tu y étais?
Oui bien sûr, j'y ai été invité par le mar
quis Yves des Bruyères, le grand ordonnateur du bal et j'y ai rencontré de grands dignitaires comme
l e compte Christian de
Belgambettes.
Mais revenons à Loreta, qu'est elle devenue demande Polpec
Elle est rentrée en France, tantôt à Fontenoy, tantôt à la verrerie de la Rochère qu'elle va transformer et rendre célèbre par ses productions de verre soufflé. Dans la grande famille des maîtres verriers, elle fut très respectée, on l'appelait Madame Loreta, la fille de la lagune.
Elle aura 3 enfants qui eurent des enfants etc..et dont notre chère Colombina est une descendante. Tu comprends donc pourquoi cette petite espiègle, avec cette descendance, est si attachée à notre tradition de nous retrouver une fois l'an dans la cité des chanoinesses.
Colombina, oui je comprends, mais les autres costumés?
Tu sais Polpec, je me suis souvent posé cette question.. quel est le lien entre les costumés d'aujourd'hui et Venise ?Je suis quasiment certain qu'à un moment ou un autre je trouverais dans la généalogie de chacun, un lien avec la sérénissime.
Quoiqu'il en soit, il est un signe qui ne trompe pas, évoque la cité des
doges à un costumé et même à travers son masque, tu verras ses yeux s'illuminer, tu le verras souffrir de garder le silence tant il aura envie de te parler de sa passion vénitienne.
C'est vrai rétorque Polpec, une telle passion est un signe, chacun d'entre vous est un peu vénitien.
Avant de te quitter à nouveau pour un an, merci Alvise de cette entrevue, j'ai encore appris à
entrer dans votre monde et désormais, quand je croiserai des costumés, il me viendra à l'esprit : ce sont certainement des descendants d'une Loreta ou autre personnage de l'histoire vénitienne.
Donc pour moi, et pour clore ce châpitre 2010, quelque part, vous êtes tous des :
bambinis della laguna !
Après une longue pose, il est temps pour moi de me remettre au travail...
Je vous propose de découvrir l'album 2010.
Les costumés ont refermé derrière eux les "PORTES DU TEMPS".
Polpec va t il cet automne vous conter de nouvelles aventures? Pour l'heure, il enquête, se documente... Souhaitons lui d'être prêt pour le jour J
@mitiés à tous
LES PORTES DU TEMPS
Vendredi 20 mars 2009
Alors que la nuit froide tombe sur Remiremont, la nouvelle se répand comme la
brume dans les
rues luisantes de la petite ville.
La féline Colombina a une nouvelle fois, réussi à subtiliser à un Casanova, mais peut être était il complice, les clefs de la prison du TEMPS.
En quelques minutes, elle libère ses amis, les costumés vénitiens.
Ses amis vénitiens, se pressent derrière elle, ils glissent entre les battants du grand portail de fer, s’évadent sous les arcades, disparaissent dans la foule et s’offrent une balade
dans le 21éme siècle..
Le Doge de la cité des Chanoinesses, Alvise PISANI est furieux, il lance ses casanovas à la poursuite des fugitifs mais rien n’y fait, les
costumés tel l’aqua alta inondent déjà les rues de la ville.
Alvise, ne pouvant décider seul, réunit dés le lendemain, son conseil des Dix , la
Seigneurie.
- -
Colombina s’est une fois de plus, jouée de ses gardiens entraînant dans sa fuite les costumés hors du Temps.
Je n’ai pas assez de Casanovas pour ramener l’ordre.
J’ai, par ailleurs, un doute sur leur réelle volonté de coopérer avec moi. Ne voit on pas derrière leurs masques, leurs yeux luisants traduisant leur satisfaction d’avoir traversé les portes
du Temps.
Nous devons trouver le moyen de rétablir l’ordre.
Les avis des conseillers sont partagés, les chefs du tribunal de la Quarantie
prônent la fermeté, la chasse aux costumés.
Les membres du Minor Consiglio proposent, faute de moyens policiers, la ruse :
- Colombina est la meneuse, capturons là, jetons la dans un des "Piombi " ou mieux encore dans le puit de la place Mesdames. Ainsi, à travers le couvercle vitré de ce "Piombi", les costumés comprendront le sort réservé aux désobéissants et rentrerons d’eux même dans le TEMPS, propose un des 3 chefs du tribunal.
- Mais comment capturer cette insaisissable Colombina ? s’exprime un membre du conseil
Un autre membre rétorque,
- Utilisons un de nos vieux moyens, la dénonciation, remettons en service la Bocca di Leone »
Alvise, le Doge, émet une nouvelle idée,
- Certes, la dénonciation fait partie de notre mode de gouvernement et la république a toujours utilisé les services d’espions à notre solde.
- J’ai appris qu’il existe dans ce 21ème siécle, une nouvelle race d’espions. Ces personnages sont munis de boîtes noires dans lesquelles ils sont capables de capturer et d’emmagasiner des images .
- Je vous propose ce plan : laissez moi entrez en contact avec l’un de ces personnages et l’amener à travailler pour nous. Je lui demanderai de saisir dans sa boîte tous les regards des costumés. Ils nous remettra les images, aussi appelées photos, et celles ci nous donnerons de précieux renseignements sur les uns et les autres. Malgré les costumes et masques, il nous sera alors facile de reconnaître Colombina, elle a les plus beaux yeux de la cité. Identifiée, il ne nous restera qu’à la capturer, la jeter dans le puit et sa libération sera échangée contre reddition de tous les fuyards.
La proposition plait au conseil, elle est adoptée et sur le champ Alvise disparaît dans une des nombreuses callés de la cité Romarimontaise.
Il ne tardera pas à croiser un de ces espions d’un nouveau genre, un nommé Polpec, le voleur de regards. Un pacte est rapidement conclu avec ce dernier.
Samedi 21 mars 8h
La cité se
réveille sous un ciel gris et glacial.
Alvise, matinal, d’une fenêtre de l’hôtel de ville, contemple, songeur, le 21éme siècle.
Les rues sont désertes de costumés, des chars à quatre roues vont et viennent, lâchant des émissions de gaz nauséabonds. Les passants se croisent sous les arcades sans même se saluer. Nombre d’entres eux se tiennent l’oreille ou semblent parler à une petite boîte argentée alors que d'autres portent à leur bouche un bâtonnet blanc dégageant de la fumée. Les chiens ne divaguent pas dans la rue, ils sont tenus en laisse. Des équilibristes sur deux roues zigzaguent sur la chaussée. Très haut dans le ciel, passe un drôle d'oiseau laissant derrière lui, une longue traînée blanche. Quel drôle de siècle.
Derrière lui, dans le grand salon de l’hôtel de ville, le Conseil à pris place.
Alvise rend compte de son entrevue.
- Je crois avoir trouvé notre homme. J’ai rencontré un certain Polpec, je l’ai vu opérer. Il est assez énigmatique, bien dans notre style. Sans étiquette, il flâne sous les arcades, longe l’abbatiale, contourne le Volontaire, s’approche discrètement des costumés, vole leur regard, salue puis disparaît. Fait étrange, il communique par gestes avec eux et, parfois, il échange avec certains, une carte,
- Je l’ai abordé, lui ai confié notre projet, il a accepté la mission, il dit même, être capable, à lui seul, de faire repasser les portes du Temps à nos fugitifs, au plus tard dimanche 18h30.
- Quel est son prix ? demande Carlo Atzori
- Il ne veut rien, oui vous entendez bien, il ne demande pas de récompense en monnaie, il n'émet qu' une condition, celle qu’on lui exauce son vœu s’il remplit sa mission.
- Mais quel est ce vœux s’exclame Giacomo Bartaldi, un des membres du Minor
- Il tient à garder ce vœu secret, il nous le dévoilera dans le cas où il réussira sa mission répond Alvise, c'est sa condition.
- Et s’il échoue ?
- Il disparaîtra
- Mais c'est dangereux. Nous risquons gros, à faire confiance à cet inconnu, renchérit Beniamino Pisaro. C’est très étonnant comme démarche, nous sommes tous des commerçants, jamais nous ne travaillerions sans contrepartie, ceci cache un piège.
- Il faut se décider s’impatiente Gian Marco Polticchia
- Alvise Pisani reprend la parole : Nous n’avons pas le choix, je n’ai pas eu d’autres contacts et le temps presse. Je propose de passer au vote.
Un peu à contre coeur, mais faute d'autre proposition, les mains se lèvent, le
projet est adopté.
Alvise charge un casanova de contacter Polpec et de lui remettre la décision du conseil.
Une longue attente s’installe
Samedi, 21 mars 15h
Le soleil baigne la « Coquette », les costumés déambulent, libres et
joyeux dans les rues désormais toutes à eux.
Des milliers de badauds se pressent pour admirer ces personnages d’une époque lointaine.
Polpec, se fond dans cette foule bigarrée.
Il est à la fête, ses yeux se posent sur un costumé, bondissent sur un autre avant de s’émerveiller sur un groupe qui ne fait que passer..
Sa mission : emmagasiner le maximum d’images, les présenter au Doge Alvise Pisani et permettre à ce dernier de démasquer Colombina.
Les costumés, trop contents de se trouver devant cet œil de verre, prennent la pose, saluent, s’inclinent dans de grandes révérences. Ils tombent dans le piège du voleur de regards.
Polpec sait que la tâche sera rude pour confondre
Colombina, tant les yeux, derrière les masques, rivalisent de beauté.
Ainsi, des dizaines de photos sont stockées dans la boîte
noire
-
Dimanche 22 mars 15h
Depuis 3 jours maintenant, les costumés animent les rues de la ville.
Polpec se fait aider par un nouveau venu, Eifel, un grand frisé .
Ce dernier ne manque pas de culot, et les belles vénitiennes succombent à son sourire d’ange.
Polpec et son sbire, ne sont pas les seuls espions sur le coup. Le doge aurait il
engagés d’autres photographes ? Ou pour qui travaillent ces derniers ?
Il semble que tout ce petit monde se connaît. Polpec salue un barbu coiffé d’une petite calotte noire, ils échangent quelques mots et de concert, mitraillent un groupe de
costumés.
Plus loin, le vosgien retrouve un grand costaud grisonnant au genou entouré d’un
bandeau de mousse bleue. Ce dernier de sa voix d’outre Vosges, dirige un couple « un peu plus à droite ! tournez légèrement la tête ! S’il vous plaît , monsieur, vous
faites de l’ombre aux costumés ! »
Quelques dizaines de mètres plus loin, un homme à la boîte noire s’approche de Polpec et engage une conversation, il semble sortir d’un hôpital tant il tire la jambe : »salut, tu
es Polpec ? Je suis La Beu…la fin de son nom se perd dans le brouhaha. Les deux hommes se congratulent.
Les heures, comme les costumés défilent.
Polpec longe l’abbatiale, traverse la place Mesdames, pousse la grille et se rend par une porte dérobée jusqu’à la salle du conseil.
Devant le conseil au grand complet, il dépose une nouvelle boîte noire, très plate dont il ouvre le couvercle à angle droit.
Ce couvercle vitré s’illumine, Polpec extrait une petite carte de son appareil, insère celle ci dans ce nouvel engin, sous le regard perplexe des membres du conseil.
Le voleur de regards prend la parole
- Avant de vous présenter le résultat de mon enquête, si les costumés ont repassé les portes du TEMPS pour 18h30, promettez moi une nouvelle fois d'exaucer mon vœu . .
- Nous le promettons, répondent timidement le Doge et plusieurs conseillers.
- Très bien, alors voici ma première constatation, il me semble bien improbable que vous puissiez reconnaître les yeux de Colombina. Les yeux que je vais vous présenter rivalisent de beauté, j’ai volé le regard de dizaines de Colombina..
Un grondement de colère envahit la salle du conseil, certains crient déjà à l’imposture, l’escroquerie.
- Laissez moi parler tonne Polpec, ou plutôt, laissez moi vous montrer
- Laissez moi vous montrer les images de vos concitoyens et faites moi confiance
Le calme revient difficilement dans la salle et la première image apparaît sur l’écran illuminé.
- Plutôt que rechercher à démasquer Colombina, regardez comme vos vénitiens ont conquis la ville tout comme Venise à sa grande époque, à conquis le monde.
- Comme vos plus grands explorateurs, tels Alvise Cadamosto, Nicolò de' Conti ou le plus célèbre d’entre eux, Marco Polo, les costumés Romarimontains sont partis à l’aventure dans ce nouveau monde qu’est le 21eme siècle.
- Comme leurs aînés, ils ont affrontés les pires dangers, croisés des monstres de ferraille montés sur quatre roues ou encore été agressés par le bruit assourdissant, les fumées, les bousculades d’une foule non contenue.
- Regardez de quelle manière ils sont su conquérir ce peuple, avec pour seules armes, leurs paillettes, leurs étoffes, la douceur de leurs gestes, la sérénité, la grâce de leur démarche, leur regard brillant.
- Regardez et laissez vous emporter par la magie.
Contrastant avec les minutes précédentes, un grand silence règne dans la salle, les
membres du conseil se pressent autour de l’appareil et ouvrent grands leurs yeux..
Polpec commente chaque vue.
- Par respect pour eux, je ne vous livrerai pas les noms des costumés, je me contenterai simplement d'allusions.....
Tout en Combeauté, ces griottines provoquantes balancent leur robes pour le plaisir des badauds.
Trés poudrée cette poupée slave.....
Couleur menthe à l'eau de Vit...
Le quartier des chats ou plutôt des chattes...
Il y en a tant que je leur ai attribué les lettres de l'alphabet.. En voici quelques unes..
Pardonnez moi, mais vous êtes la première de la liste, vous êtes la Cat-A
Petite, bondissante, espiègle voici la Cat-I
Enfin un matou...Regardez comme il est fier notre matou du Digneul
Enfin pour terminer cette série, car effectivement ce sont des chats, une race à part, les "chats velot"
Toujours dans l'étrange, il faut se méfier des apparences...
D'après vous...
lequel est le plus....
Chrétien des deux ?
Anne, ne vois tu rien venir ?.....
Je vois venir...Peau d'Anne

Ce Blog Photos est destiné aux amoureux du carnaval vénitien de Remiremont et en particulier aux costumés avec qui s'est
installée, au fil des ans, une véritable complicité.
Le blog retrace toutes mes "campagnes "photographiques du carnaval et ce, depuis 2002.
SERENISSIMA88 est en cours de réalisation, je vous demande un peu d'indulgence et je recherche la meilleure formule de présentation. N'hésitez donc pas à me soumettre vos idées.
D'avance merci,
@micalement,
Polpec
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